Le stage vu par Denis

QUE LA MONTAGNE EST BELLE!

Vous connaissez tous cette chanson, sinon on fera comme si.
Dans les environs d'Annecy, c'est particulièrement vrai, mais je peux affirmer qu'un stage vélo en montagne n'est pas la meilleure solution pour admirer les paysages et se rendre compte que la montagne est vraiment belle.
Je vais démontrer cette affirmation en observant l'attitude du groupe dans le col de la Forclaz, en montée et en descente.

En montée

Dans le groupe de tête, avec Franck, Jules et Seb, on s'observe, on s'attaque, on place des mines, on revient dans les roues, un autre attaque en fonction de la pente et ce, pendant toute l'ascension. Pas de regard vers les alentours, pas d'attention à la vallée en contrebas. Juste la "course".
Devant, Philippe, trop facile, a le temps d'embrasser les beautés du paysage, mais le fait-il?
Les poursuivants, Alain et Magali espèrent remonter en tête, mais Alain, qui veut un nouveau vélo, fait tout de qu'il faut pour coincer sa chaîne et chute, ce qu'il n'avait pas prévu. Il casse même un rayon de sa roue arrière en le faisant exprès.
Ce qui d'ailleurs me permet de le dépasser et d'espérer un bon classement.
Après une réparation délicate avec l'aide de Nicolas resté derrière avec Marceau, il n'a de cesse de regarder sa roue arrière pour vérifier que tout va bien et Magali, ne pense plus à rejoindre la tête et continue donc d'accompagner Alain, sans le moindre coup d'oeil vers les beautés du site, très variées, sous-bois, percées vers la vallée et sur les lacets en contrebas, guettant sur son compteur les kilomètres d'ascension qui passent très, très, trop? lentement.
Dans l'ex premier grupetto, Denis le narrateur de la présente chronique et Esteban (pourquoi ex car la chute d'Alain, un fait de course dont nous avons odieusement profité, nous a propulsé en premier groupe de contre-attaque) avec une stratégie bien différente en ce qui me concerne.

Dans le col de la Forclaz, il n'y a pas de panneaux qui indiquent la pente du km suivant et la distance restant à parcourir et comme Magali c'est une information pour moi indispensable afin de programmer dans monn cerveau surchauffé la "longue" durée de mon effort; comprenez bien, à 8 km/h dans les fortes pentes de 8% et plus, les kilomètres ne passent pas vite ....
Faute de ces panneaux, je reste extrèmement dépendant des indications du compteur et je suis parfaitement incapable de voir la marmotte sur le bord de la route et encore moins les cîmes environnantes.
Quant à mon coéquipier d'infortune, Esteban, il ne songe qu'à me lâcher pour prouver à juste titre qu'il est plus fort que moi; je le soupçonne de regarder derrière pour constater son avance et je suis sûr qu'il ne voit pas, lui non plus, combien la nature est belle.
Je ne parviens à le rejoindre que grâce à une erreur de configuratin de sa cassette qui le scotche un peu trop dans les forts raidars.
Dans le denier grupetto, enfin, Seb veille sur son rejeton, Marceau, et n'observe, en papa avisé, que son coup de pédale en au demeurant très efficace. Ne lui demandez pas ce qu'il a vu en dehors du cuissard de son fils.  

Au sommet

Gràce à nous, les sans-grades, les cadors du groupe de tête ont quelques minutes pour capter dans leur cerveau de gagneurs les merveilles du site et d'attendre la photo officielle face au panneau attestant de notre exploit.

Grâce à Honorine, notre photographe officielle, nous pourrons enfin voir, au retour au campement, nos performances et nécessairement, en second plan, quelques belles images de ce paysage absent de notre vision d'ensemble.

La descente

Et c'est la récompense pour tous sauf pour Magali qui s'apprête à vivre un véritable cauchemard.

Pour les fondus de la descente, le regard est fixé constamment sur la proche chaussée pour détecter tous risques de chute, trous divers, rigoles, grilles d'égout, tampons PTT .... et vers le prochain virage pour anticiper la courbe à négocier le plus rapidement possible. Il n'est donc pas question d'accorder la moindre seconde au paysage, aux magnifiques chalets, aux beaux tas de bois, aux vaches dans les champs, aux spectateurs qui nous applaudissent.

Et pour Magali, je l'imagine, car elle est loin derrière moi contrairement aux ascensions où elle est loin devant moi, seuls les freins ont toute son attention.
Ils doivent lui assurer une vitesse plus faible que sur le plat pour qu'elle se sente en sécurité.
Le paysage environnant, même sublime, ne saurait la détourner de sa seule préoccupation: arriver saine et sauve au bas de la descente.

En conclusion

Forcalaz, Tamié, Saisies, des noms différents mais peu d'image. Tout juste si l'on ne pourrait pas vivre les mêmes sensations dans le Ciran.

Denis

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